Jocari, c’est le projet solo de Fabien Larvaron, qu’on connaît également pour avoir participé au premier album de Paloma (Harness my zebras) et comme co-fondateur de The Pelican Crossing

AUTRES DIRECTIONS – Janvier 2008 – (…) En effet pas besoin de forfanterie ni de fioriture, pour que le sens de l’écriture de Fabien Larvaron (déjà croisé autrefois au sein de Paloma) brille de tous ses feux, comme sur The Lost Waltz, formidable épopée mélancolique au pays des grands espaces (à croire que l’Allier condense l’aridité de l’Arizona et la douceur des paysages du sud de l’Irlande). Celui qui affiche sa modestie comme d’autres leur arrogance, peut se réjouir de marcher dans les traces des grandes références du style (des gais lurons comme Elliott Smith, Mark Kozelek ou encore Ron Sexsmith), tout en parvenant grâce à sa sincérité à emmener ses compositions bien au-delà de ces références.
LES INROCKS (JD Beauvallet) – Janvier 2008 – “La France, c’est l’Auvergne avec un peu de terre autour” disait Pompidou. Depuis que Cocoon a officiellement épinglé l’Auvergne sur la carte de l’americana, plus une semaine sans que l’on y découvre un merveilleux héritier de Johnny Cash, Neil Young ou Bonnie Prince Billy. On se délecte ainsi du folk enfantin de l’adorable Zak Laughed, des mélodis solennelles de Jim Yamouridis, de la beauté fragile de Sushi Power ou des trésors de bienfaits de l’écurie Kütü Folk (St. Augustine et le bouleversant Delano Orhestra notamment). On n’a pas oublié non plus la pop mélancolique de Paloma, préhistoire de cette scène : c’est sans doute là que Fabien Larvaron, membre déchu, prit goût à ce songwriting patraque, mais généreux, sous influence Elliott Smith ou Big Star. En solo, c’est un genre insidieux de pop poverta, de saudade rurale aux intentions plus vastes que celles du commun des cow-boys éclopés et guenilleux (on pense à Gastr Del Sol, sans Sol, à Red House Painters, sans Red) que Jocari murmure depuis Saint-Menoux, Allier. Sans le sou, mais avec ingéniosité et tendresse, Jocari tente ainsi des arrangements qui, d’habitute, arrivent ici exsanguens après leur traversée de l’Atlantique. Mais tout cela semble une fois encore si naturel, si organique, si apaisé que l’on finit par se demander s’il n’existe pas un passage secret entre les monts d’Auvergne et les Appalaches.
FROGGY’S DELIGHT – Janvier 2008 – (…) Lent, froid (mais chaleureux), tendu, sombre, triste voilà qui pourrait plus précisément qualifier la musique de Jocari. Mais ce serait néanmoins insuffisant.
Car la musique de Jocari, sorte de folk folle qui s'étire sur de longues plages (seulement 7 titres sur l'album), guide aussi l'auditeur dans un monde de rêverie, de contemplation. Les nappes de guitares acoustiques accompagnent la voix, douce, dans un périple sonore presque chamanique.
Voyage sonore pendant lequel il ne faudra pas s'effrayer de quelques rencontres surprenantes, comme cette sorte de cornemuse sur "The lost waltz" ou cette ambiance particulièrement sombre, mystique, presque gothique de "Beachwood isle of Re" avec une touche mi Labradford, mi Walkabout en plus et le spectre de Bonnie prince billy jamais très loin, bienveillant.
Un disque qu'il faut prendre le temps d'apprivoiser, au risque de vouloir s'en débarrasser avant la fin de la première écoute. Prendre son temps, comme les musiciens de Jocari le font en installant doucement leur univers, se laisser aller et ne pas refuser cette invitation au voyage ... Même si l'absence de destination connue peut effrayer au départ. Sensations garanties sur ce In the healing hands of time qui marque brillamment ce début d'année.
Détail qui mérite d'être signalé, Jocari est un groupe français, auvergnat pour être précis, qui confirme après Cocoon que Murat n'est plus un cas isolé.
A DECOUVRIR ABSOLUMENT – Janvier 2008- (…) Ces chansons folk sont grandes par la taille, grandes par la puissance de l’évocation et par l’absence d’ostentation polluante. Regarder le taureau d’Elliott Smith gambader sur the lost waltz est pour moi le plus beau spectacle depuis le sourire béat d’un enfant dans une chorale. Le taureau y est triste car son ami est mort, mais avec Jocari il retrouve le haut d’un pavé qu’il voyait d’un mauvais œil, ayant probablement tué cet ami. Il ya de la tristesse dans tout cela, mais comment ne pas trouver en elle l’occasion de devenir meilleur et de grandir. Quand un homme tombe Jocari le ramasse, il lui offre une soupe et lui dit que tout au bout la ligne est la même pour tout le monde, et l’homme à terre se relève. La tradition orale est respectée, on prolonge le plaisir de parler car dans ce monde l’écoute est d’or. Jocari est l’enfant de Mark Hollis, l’enfant de Swell, le digne descendant d’une phratrie qui ne finira jamais de nous dire que debout l’horizon est parfois dégagé, mais qu’allongé la perspective est très belle surtout dos à la terre. Finalement ces chansons sont simplement magnifiques. Grandiose.
M LA MUSIC– Novembre 2007- Enfin un disque d'ici qui commence comme le superbe "San Francisco" d'American Music Club ("Inflammable") et qui tient souvent la dragée haute à Red House Painters ou Swell ("The Lost Waltz"). Ce folk rural nourri à l'americana (Palace, Smog, L'Altra) vient bien d'une zone rurale, mais non pas d'un des cinquante états des USA, mais de chez nous, de l'un des quatre-vingt-dix et quelques départements français. Le troisième en fait : l'Allier. L'artisan de ces mélodies tourneboulées et tourneboulantes s'appelle Fabien Larvaron, déjà auteur d'un "Intimacy ruins" en 2005, nous prouve ici en à peine six titres, qu'il a de quoi hanter nos nuits de rêves mélancoliques, notamment lorsqu'il nous fait visiter les endroits les plus sombres de son repaire ("In my dark room"). Lentes, sombres et désespérées, les chansons de Jocari sont poignantes. De quoi devenir fou à lier en moins de deux de ces pépites qui n'ont été que trop longtemps confinées dans une cave humide et froide, et n'attendent plus que de prendre la lumière. On a presque envie de dire : "trop beau pour être français" mais l'Auvergne nous a déjà donné un chantre des neurasthénies campagnardes en la personne de Murat, alors pourquoi pas un second ?
***** (cinq étoiles veut dire : coup de cœur)
VIVA LA POPA – Novembre 2007 - Un folk mélancolique se dégage du début à la fin, une voix/chant un peu à la Ellioth Smith parfois, en anglais, toujours, et une ambiance boisée à la guitare acoustique et triste donc.
Très planant et agréable, un titre comme "The Fall-Guy" se rapproche des atmosphères développées par des artistes comme Swell ou Red house painters sur une durée de plus de 7 minutes.
A écouter le soir afin de trouver le repos...
IndiePoprock
..."Intimacy Ruins" est le genre de disque dont les dignes représentant se trouve généralement de l’autre côté de l’atlantique. Il faudra donc maintenant redéfinir cette carte en y ajoutant le centre de la France. En attendant avec impatience la suite de cet album, "In The Healing Hands of Time", que l’on espère toujours aussi poignante.
A Découvrir Absolument
...Que dire de plus d'un disque quand l'émotion vous tétanise au point de vous empêcher de regarder ce qui a toujours fait parti de votre vie sans ne jamais avoir constaté que tout cela ne valait pas la peine.
...Rarement depuis que je chronique sur ADA mes tripes se sont autant retournées, donnant tout son sens au mot ascétisme quand on fini par ne plus comprendre que le tout n'est pas l'ennemi du rien mais l'ennemi de l'être. Jocari aka Fabien Larvaron tire au maximum de l'émotion de tout sans passer pour un tire larme ou une accroche chair de poule. Il frôle, caresse, souffle, picore plutôt que pioche et colore ses chansons d'un intime que nous étions plus capable de voir et sentir. De là à parler de chef d'oeuvre il n'y a qu'un pas, que je me garderais bien de franchir, pour ne pas casser cette magie prenante.
La Magic Box
...Quelques dédoublements de voix un peu éteintes à la Pinback et des choeurs avec des voix et le miracle se produit. Comme chez Windsor for the derby, Bonnie Prince Billy et quelques autres. Une musique au temps suspendu, qui semble être en phase avec la nature et qui ne lasse jamais, comme la vision d'un soleil couchant sur un champs de blé.
STNT
ce disque offre à son auditeur un don d’ubiquité… un peu comme si on pouvait être à la fois dans les campagnes de France et au Touva… Un très bon disque mélancolique donc, et dans lequel le folk ne se fait jamais passéiste.
Popnews
A la fois vagabond en haillons et aristocrate à cheval, paysan en bottes et gentleman farmer, Jocari n'impose aucune tenue – et vous prendrez plaisir à attraper au bond le spleen de chacune des chansons du groupe.
Indietronica
il s’approprie merveilleusement les sons de l’americana lo-fi, comme peu avant lui ont su le faire en France en réussissant à affirmer leur personnalité (ils sont une poignée seulement de Dana Hilliott à Arman Meliès). Si l’univers musical qui est dépeint évoque les albums de Palace (quelque part entre “Hope” pour la tonalité des morceaux et “Arise Therefore” pour le dépouillement travaillé) et si les harmonies vocales font inévitablement penser à Elliott Smith, “Intimacy Ruins” me semble surtout être l’évidente réponse française à “Pajo”. Comme dans la dernière production solo du prolifique David Pajo, ces chansons - qui nous content les histoires de beautiful freaks où résonnent un peu de l’âme naturaliste de Fernando Pessoa (« Navegar é preciso, viver não é preciso ») - ont un côté joyau lumineux et mélancolique qui vous habite encore longtemps après que la musique se soit tue.
Magic rpm
Jocari donne une couleur à la solitude. Il lui donne ausi un poids, une texture, une odeur...C'est un parfum de terre mouillée et collante, c'est un horizon crépusculaire qui étire les ombres en même temps que l'espace, non sans une certaine cruauté. Dans cette géographie à l'envers, tout est à la fois lointain et proche : un écho traverse de part en part ces Intimacy Ruins , en faisant résonner le vide entre les petits détails, les objets pourtant familiers, la mémoire toujours vivante. Le rythme lent et égal semble pouvoir anticiper le jour et ses lenemains. Cahin-caha, dodelinant de la tête, avec une patience d'ange, Jocari referme en cercles sur eux-mêmes les arpèges de guitare, les séquences de mots. Il brave le néant en le remplissant jusqu'à ras bord de la monotonie des voix aux intonations neutres, de la mécanique précise et répétitive des arrangements. Il traque la lumières entre les fentes du parquet, dans les éclats de silex, sous la poussière des souvenirs de famille. Il se sert de chaque minuscule rituel, de la moindre routine pour isoler entre prenthèses de petits échantillons d'éternité.
A propos de "Love is an animal of the farm"
Et si cette chanson, love is an animal in a farm, était tout simplement la plus belle jamais écrite sur la vie rurale. Jocari en connaît quelque chose de cette vie là, dans les champs, au travail des labours et des femmes qui élèvent leurs quatre enfants au milieu des poules et des cochons. ET bien sur qu’on peut en faire de la poésie avec ça, de cette poésie doucement teintée d’ironie. Et si cette chanson était le sumum de la field music, posant la question centrale : mais qu’est-ce que c’est que l’amour loin des villes où s’inventent les amours factices et de pacotilles ? ET à quoi on pense quand on est juché au petit matin sur son tracteur, que la lumière du jour glisse sur les champs de blés verts et humides, à quoi on pense ?(dana hilliot - blog songs to the sirens