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FLOU

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Le dernier phénix 3ème chapitre

3
Amour, tu me tueras.
 [Jacques Dutronc]  
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h06

J'ouvre les yeux. Mal au crâne. Quelqu’un marche dans ma tête en essayant de faire le plus de bruit possible.

Bouche pâteuse. Tête cassée. Nausée. La lumière m'agresse.

Je suis allongé sur un lit dans une petite chambre. Les draps puent la mort.

Je me lève. Mes affaires sont posées sur une chaise en bois.

Me rhabille. Renifle mes fringues. Elles puent la clope. Sors de la chambre.

Dois être chez cette connasse que j’ai rencontrée hier. Me rappelle plus.

Suis allé au restaurant.
La fille…
Le bar…
Le hangar…
Black-Out.
Putain, après je ne me souviens pas.

Elle est où ? Je l'ai butée ?  
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h07

Je sors de la chambre. Suis dans un couloir vide. Insalubre.

J’arrive dans un salon. Décoration minimaliste. Putain, y a quasiment rien dans cet appartement. Je gueule :

- Y a quelqu'un ?

Pas de réponse. Je gueule un peu plus fort :

- Y a quelqu'un ?

Toujours pas de réponse. Bon, vaut mieux que je me casse tout de suite. M'assois sur un pouf vert en plastique pour mettre mes pompes. Une bibliothèque horizontale fait office de table basse. Y a quasiment rien d’autre dans la pièce. Juste une drôle de chaise. En métal.

Drôle d’appart’. Vide. Dégueulasse. Rien sur les murs. Aucune photo. Aucun souvenir de sa vie sociale. On dirait qu’elle n’habite pas vraiment ici. Qu’elle y passe juste de temps en temps. M’imaginait pas que beauté céleste vivait dans un taudis pareil. Bref… Rien à foutre. Faut que je me barre avant qu’elle revienne. J’ai du pain sur la planche. Et pas l’envie de perdre mon temps à bavarder avec elle…
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h08

Ma prochaine cliente sera une nana que j'ai connue il y a un an. À cette époque, j'avais une vie "normale". Mangeais tous les midis. À la même heure. À la même place dans la cantine de l’entreprise. J’observais mes « collègues » portant leurs plateaux et cherchant désespérément du bout des yeux des copains de tablées. Il y avait des groupes de gens qui mangeaient tous les jours ensemble. Me demande toujours ce qu’ils pouvaient se raconter. Moi, je mangeais seul. Arrivais et sortais tous les jours à la même heure. M'accordais juste un peu de "fun" le week-end.

Me détruisais la lucidité pendant quelques heures. Appuyais sur Reset en sachant que la partie recommencerait quand même au même endroit.

C’est à cette époque, que ma prochaine client me rendait hystérique. Depuis les attentats du 11 septembre, cette conne était angoissée. Suspectait tout le monde. Toute personne qui ne correspondait pas à un profil occidental classique l'intriguait. J'avais dû prendre le TGV avec elle pour un séminaire à la con. Elle transpirait.  Jetaient des regards inquiets. Menait l'enquête. Étudiait les moindres détails avec une circonspection maladive.
 Deux gars de type maghrébin s’étaient levés de leurs sièges et étaient sortis du wagon en direction de l'espace fumeur. Ils avaient naturellement laissé leurs sacs au-dessus de leurs sièges. Elle m’avait alors dit tout bas, avec une haleine de poney malade :

- Ça y est ! Cette fois, on va y passer !
- Que voulez-vous dire ?
- Ces deux types qui viennent de sortir. C'est des terroristes ! J'en suis certaine. Ils ont laissé leurs sacs… Il doit y avoir une bombe dedans. Ou quelque chose comme ça. Ô mon Dieu. Je ne veux pas mourir.
- Hum… Vous êtes sûre ?
- J'ai un sixième sens pour cela… Ô mon Dieu… Je ne veux pas mourir.
- Vous voulez que nous changions de place ?

Nous sommes allés nous placer à l'opposé du TGV.

En nous déplaçant, nous avons croisé les deux terroristes en question, ils fumaient tranquillement une cigarette. Nous n’avons pas explosé. Pas de bombe. Ou alors, je ne m’en suis pas rendu compte.

Apparemment, avait été victime d'attouchements quand elle était plus jeune et ne s’en était jamais vraiment remise. Pauvre petite…

Ça va être sympa de la voir arrêter de souffrir.
Quelques coups de batte et hop ! N’est-ce pas cow-boy ?
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h10

Bon, faut vraiment que je me casse de cet appart bizarre.

Je sors du salon. Pénètre dans le minuscule hall d'entrée.

Essaie d'ouvrir la porte. Fermée. Essaie encore. Putain, cette conne m’a enfermé. Étrange… J'observe la porte… On dirait qu’elle est blindée !  Y a trois serrures et une barre de renfort ! J’y crois pas, elle a une porte blindée ! Encore une barje de la sécurité !!!

Je retourne dans le salon. M'approche de la fenêtre. Putain ! Y a des tubes d'aciers scellés dans la maçonnerie de la fenêtre ! Comme des barreaux de prison ! Qu'est-ce que c'est que cet appart’ de malade ? Elle doit se sentir vraiment en danger. Pourtant, y a vraiment rien dans cet appart. Étrange.

Je vais me rasseoir dans le canapé du salon. Allez ! Réfléchis et essaie de te souvenir comment tu as atterri ici…

Suis allé au restaurant.
La fille…
Le bar…
Le hangar…
Black-Out.
Putain, après je ne me souviens pas.
Un marteau piqueur me défonce la cervelle.

Je fouille mes poches. Bordel ! Me suis fait dépouillé ! N’ai plus mon portefeuille. Ni mon portable. Ni ma petite liste. Qu’est ce qui se passe putain ? Et qui c’est cette nana ?

 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h20

J'entends un bruit de clef dans le hall. Les cliquetis se rapprochent. Ouf, c'est elle ! Je me lève. Beauté céleste rentre dans la pièce.

Elle a un flingue dans la main droite ! Et deux paires de menottes reliées par une chaîne dans la main gauche ! Elle me vise avec son putain de flingue en souriant ! Elle me demande :

- Tu as bien dormi ?
- Euh… Oui. Qu’est-ce qui se passe ? Où est-ce que je suis ?
- Ta gueule ! Fous-toi à genoux !
- Quoi ? Pourquoi est-ce que tu me vises avec ce flingue ? Qu’est ce que je t’ai fait ? Attends… Je ne te veux pas de mal. Je peux t’aider si tu as des problèmes. Je peux…

Je fais un pas vers elle. Elle gueule l'air sérieux :

- Bouge pas !

Qu’est ce que c’est que cette malade ?Je la regarde droit dans les yeux, je lance :

- Bon, je sais pas ce qu’on a fait ensemble hier, mais je n’aime pas trop qu’on me vise avec un flingue. Alors, pose ce truc s’il te plaît.
- Ta gueule. T’es dans la merde.

Me vise toujours avec son flingue. Putain ! C’est un flic, c’est ça ??? Elle gueule :

- Allez connard ! Fous toi à genoux !

Putain. Merde. Si c’est un flic… Elle m’a juste dragué pour avoir des aveux. Quoique… Ça tient pas debout. Elle peut pas être flic. Pourquoi un keuf se serait déguisé en serveuse ? Et comment elle savait où j’irai bouffer ? Ça tient pas debout…

Mais qui c’est pute alors ? Et où est-ce que je suis ? Elle m'hurle :

- Fous-toi à genoux fils de pute ! Avec les mains dans le dos. Ne bouge pas !
- Mais qu’est-ce que je t’ai fait ? Doit y avoir un malentendu…
- Ta gueule ! Fais-le ou je te tire dessus petite bite !

Elle croit qu’elle va me faire peur cette conne ? Suis un tueur moi maintenant ! Si je veux, je lui démonte la tête à coups de batte ! Elle s’approche et dit doucement :

- Quand j'étais petite, j'aimais bien allumer des incendies. Torturer les animaux et pisser dans mon lit. Maintenant je préfère ouvrir les gens pour voir comment ils sont faits à l'intérieur. Alors, fais ce que je dis, si tu ne veux pas trop souffrir. T’es dans la merde  espèce de pauvre taré ! En tous cas, avant de te torturer, je tiens à te remercier pour ton fric. T’as pas l’air comme ça. Mais, t’es blindé de thunes petit enculé.
- Quoi ? C’est toi qui m’a piqué mon blé ? Et ma petite liste ?!? Où est-ce que t’as foutu ma petite liste ?
- Quoi ? Qu’est-ce que tu baves petite chose ?
- Ma petite liste, elle est où ?!?
- Ah, tu parles de ton bout de papier à la con. Et bien, je l’ai brûlé. Avec que tout ce qu’il y avait dans ton portefeuille.

Elle ris. S’avance plus près de moi. Et hurle :

- Fous-toi à genoux fils de pute !

Je m’exécute en tremblant. Putain. C’est pas possible. Je dois être en train de rêver et je vais me réveiller…

 Elle saisit la chaise en métal. Bondit vers moi. Me fout ses menottes aux mains et aux pieds. J’hurle :

- Mais arrête ! Qu’est ce que je t’ai fait ?

Cette pute serre la chaîne qui relie les deux paires de menottes. Mes pieds sont tirés  vers mes mains. Je ne peux plus bouger ! Mes pieds ne touchent plus par terre. Suis coincé avec les pieds et les mains dans le dos ! J’hurle :

- Mais qu’est-ce que je t’ai fait ??? T’es de la police, c’est ça ???

Tous mes membres commencent à trembler. Qu’est-ce qu’elle va me faire ? Putain ! Qu’est-ce qu’elle va me faire ? Elle m'hurle :

- Tu vas crever fils de pute ! Mais avant, on va s'amuser un peu… On va se détendre ! Tu aimes te détendre ?
- Non !!! Détache-moi. Garde le fric ! Et laisse-moi partir ! S’il te plaît ! Je veux partir !
- Ta gueule ! On va jouer ! Toi, tu vas être ma petite banque de sang  personnelle ! Ça va être rigolo, tu vas saigner comme une truie qu’on égorge ! Je vais te pomper tes six litres de sang bien doucement… Tu vas voir ! Tu vas aimer ça petite chose !
- Pauvre conne va ! Tu crois que tu me fais peur ? Détache-moi tout de suite ou ça va mal finir !
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h23

Elle colle le canon de son revolver sur ma tempe. C'est froid. Rien à voir avec mon flingue. Celui-là me paraît plus gros. Plus dangereux. Calme-toi. Elle bluffe ! Elle prend juste son pied en te faisant flipper…

Elle doit être sadomasochiste… ou quelque chose comme ça. Elle continue de m’insulter :

- Pauvre petit connard ! Tu t’es regardé ? Tu croyais sérieusement qu’une meuf comme moi pouvait s’intéresser à un tocard comme toi !?! Connard va ! Quand je t’ai vu te bourrer la gueule à la Cèpe d’Or, je me suis dit que tu avais vraiment une tête à claques. Le profil-type du petit pleurnichard. Je suis certaine que tu vas crier comme une pucelle. Ça se sent que t’as rien dans le bide. T’es qu’une merde !
- Ta gueule putain ! Détache-moi de cette putain de chaise !
- Allez gueule ! Ça m’excite les mecs qui crient comme des filles. Et toi, c’est clair que t ‘as rien dans le froc.

 Je tire sur la chaîne de toutes mes forces. Arrive à peine à me pencher de quelques centimètres en avant.  Suis complètement bloqué ! Elle gueule :

- À chaque fois, vous vous débattez comme des merdes pendant des heures.  Et pis vous comprenez que ça ne sert à rien. La chaise est en titane. La chaîne est incassable. Je t’ai ligoté dans une position qui ne te laisse aucune chance. Les murs sont insonorisés. Bref, t’es dans une sacrée merde !
Ne l’écoute pas… Elle délire complètement cette pute ! J’ordonne à un Ducon de rappliquer. Il apparaît. Je suis sauvé ! Je lui gueule :

- Aide-moi ! Aide-moi !

Celui-là a la tête de Colombo. Il me fait coucou de la main. Sourit. Je lui ordonne :

- Mais, qu’est-ce que t’attends ?!? Aide-moi enculé ou je te démonte !

Il me fait un bras d’honneur ! Je lui braille :

- Mais qu’est-ce qui t’arrives ? T’es malade ou quoi ? Je suis ton maître petit con ! Allez ! Détache-moi et j’oublierai ce que tu viens de faire !

Il s’approche en souriant. Me tire la langue. Et disparaît. C’est impossible ! J’hurle :

- Bande de fils de pute ! Je suis votre maître ! C’est moi qui vous ai créés !

Cette pute me regarde comme si j’étais barje. Et me fout une énorme gifle. Elle hurle :

- Tu vas te calmer oui ? C’est pas encore le moment de devenir barje !

 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h24

Elle appuie le flingue sur ma tempe. De plus en plus fort. Pose sa main gauche sur ma joue. Me caresse. Me sourit. Je lui bredouille :

- Je ne t’ai rien fait… Alors, garde le fric. Et… Et… On oublie… Ok ? Détache-moi et je partirai sans rien faire. Promis !
- Tu n'as rien fait pour le moment mais tu aurais très bien pu. Hein espèce de sale petite merde ?
- Libère-moi ! Pitié, libère-moi ! Je ne t’ai rien fait.

Je suis à sa Mercie. Ai mal. Essaye de me contorsionner pour me libérer des menottes. Suis complètement bloqué. Mes mains dans le dos. Entre mes pieds ! Cette pute me griffe comme une sauvage !  Ses ongles bougent doucement dans ma chair !!! J’hurle :

- Arrête !!!

Un cratère en feu dans ma joue ! Elle gueule :

- Ça fait mal hein connard ?

Ses yeux sont remplis de fureur. D’haine. D’excitation. Je transpire comme un porc. Me bave dessus. Envie de gerber. Elle ris comme une hyène. Mes chaînes raclent contre les tubes de la chaise. Elle gueule :

- Sale fils de pute ! Grosse baleine va !

J’hurle :

- Mais arrête ! Arrête ! Arrête !!! Espèce de malade !!! Enlève-moi ces putains de chaînes !!! Pitié !
- Espèce de petite merde. Tu t'es endormi à peine arrivé ici hier soir. Moi, je voulais jouer avec toi ma petite chose. Que tu me fourres comme une dinde en manque ! Je t’aurais taillé une énorme pipe, et au moment où je t’aurais senti venir, je te l’aurais mordu un grand coup ! Homme sans bite va ! Mais ne t’inquiète pas, on va se rattraper, j'ai tout mon temps. Je ne travaille pas aujourd'hui mon mignon. C’est une chance hein ?

Elle me claque deux grandes gifles pile à l’endroit où elle a enfoncé ses ongles. Ça brûle ! Je la fixe droit dans les yeux. Hurle :

- Sale tarée ! Je foutrai jamais ma bite dans une saloperie comme toi ! Sale petite pute ! Vire-moi ces chaînes tout de suite !!! Sinon, je te démonte !

Voile noir. Elle m’a foutu un crochet à l’œil droit ! Voile noir. Un uppercut dans le menton !!! Je me mords la langue ! Du sang coule dans ma bouche ! J’hurle :

- Arrête ! Je ferais tout ce que tu veux ! Arrête !!

Elle me tape de plus en plus fort. Dans le nez !!! À l'oreille !!! Ses bagues rentrent dans ma chair !!! Mes os craquent. Elle me crache dessus. Continue de m’insulter :

- Pauvre fiotte va ! Tu n’existes pas ! Sale petite merde ! Grosse baleine va !

Ai l'impression qu'un bus est en train de me passer dessus. Elle bave. Pousse des cris de bêtes. Continue de m’insulter. J’essaie de tout faire pour retenir les larmes. Mais, je n’y arrive pas. Je ne vois même plus les coups arrivés. J'ai MAL !!! Mon corps se crispe un peu plus à chacun de ses mouvements. Pourquoi moi ? Qu'est ce que j'ai fait ? Qu'est ce qu'elle va me faire ? Allez bouge ! Bouge ! Putain de chaise de merde !!! Tous mes muscles sont tendus. Mon centre de gravité est figé. Dans mon dos. Entre mes mains et mes pieds.
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h34

Je geins :

- Arrête par pitié.

Elle s’arrête. Me caresse la joue. Mon cœur bat à cent à l’heure. Tout mon corps tremble. Elle vient s’asseoir au-dessus de moi, les jambes écartées. Se frotte contre mon sexe. M’embrasse dans le cou. J’essaie de bouger la tête. Elle frotte son sexe contre le mien. M’embrasse. Me lèche le visage. Au plus j'essaye de me libérer de cette putain de chaise, au plus, j'ai l'impression d'y être coincée. Je supplie :

- S’il te plaît… Arrêtes… Je veux rentrer chez moi… S’il te plait…

Elle me dit excitée :

- Petite chose veut rentrer chez lui ? Et bien… D’accord ! Mais avant, tu vas mourir très lentement !!!

Mon Dieu… Elle vient de me démonter la gueule, mais je n’arrive pas à la trouver laide. Un visage d’ange sur un corps de pute. Se caresse. Me touche. J'ai MAL !!! Un ange démoniaque est en train de me faire la messe. C’est un cauchemar mais je vais me réveiller. J’écarquille les yeux pour me réveiller. Mais rien n’y fait.  Non !
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h39

J’implore :

- Arrête !!! C’est du viol !!!

Elle se redresse. Souris. Se caresse le sexe. Puis passe ses doigts sur mon visage.

- Non. C’est un juste meurtre rigolo !

Je suis un bout de viande. Son bout de viande. Elle sourit à nouveau et dit :

- Voilà, qui est bien mieux qu’hier ! Une bonne queue bien dure !

Elle tire sur mon froc jusqu’à ce qu’il soit descendu au niveau de mes genoux. Fait de même avec mon caleçon. Mon Dieu. Je bande comme un taureau. J'ai honte. J'ai honte. J'ai honte. Comment est-ce que je peux ressentir de l’excitation ? Mon corps est indépendant de mon esprit. Moi, je ne ressens pas d’excitation. Juste de la terreur. Rien à faire.
 Je crie comme une fille :

- Arrête, sale pute !!! Arrête !!! T’es qu’une sale chienne ! Une sale petite chienne en manque !!

Elle met mon sexe dans sa bouche. S’active. Je sens sa langue qui tourne autour de mon gland. J’ai envie de gerber. Putain, elle va me mordre !!! Non pas ça !!! Pitié !!! J’hurle :

- Non, arrête ! Ne fais pas ça ! Me mords pas ! Je t’en prie ! Je t’en prie ! Libère-moi et je te donne tout ce que j’ai ! Je ne dirais rien aux flics. Rien… Si tu veux, je quitte le pays ! Et… Et… Tu n’entendras plus parler de moi ! Pitié !

Mon dos me fait horriblement mal. Tout mon corps est tendu. Il cherche à se libérer de cette chaise. De ces chaînes. De cet appartement. Aucun résultat. Sa langue continue de tourner autour de mon sexe. Bordel, non… Allez réfléchis putain !

Les voisins !!! Putain, les voisins !!!  Il doit bien y avoir des voisins !!! J’hurle de toutes mes forces :

- Au secours !

Elle enlève mon sexe de sa bouche. Me regarde impassible. Pourquoi n'y ai-je pas pensé avant ??? J'hurle !!!
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h40

- AU FEUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !!! AU FEUUUUUUUUUUUU !!! AU FEUUUUUUUUUUUUUUUU !!!

Il faut crier au feu si je veux de l'aide. S’ils savaient que je suis en train de me faire démonter la tête, ces fils de pute n’oseraient pas répondre. S'il y a le feu, ils auront peur pour leur baraque de merde et viendront voir ce qui se passe. Elle me regarde. En transe. Je n'ai jamais vu quelqu'un dans cet état, on dirait qu'elle est possédée. Elle m'hurle :

- Allez crie ma chose ! Hurle ! Hurle !

J'HURLE.

- AU SECOURS ! Y A LE FEU !!! AU SECOURS ! PITIÉ ! À L’AIDE !

Elle s’avance près de moi. Se retourne. S’assoit sur moi. Prend mon sexe et le mets dans son anus. Non !!! N’arrive plus à reprendre mon souffle. Vais devenir fou !!! Son cul tape contre mon ventre. Non. Laissez-moi ! Laissez-moi ! Pitié ! Les secondes sont des jours. Elle s’agite. Mécaniquement sur mes organes. Elle jouit. Un grand cri ! Horrible. Si la mort était un son, ce serait celui-là. Elle se relève. À poil devant moi. Mon érection retombe mollement.
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h44

Elle me dit calmement :

- Petite bite va ! Tu peux crier, ça m'excite. Mais je t’ai déjà dit que tout mon appart’, chaque pièce, chaque fenêtre, chaque centimètre carré du sol est isolé au niveau de l'acoustique. Cette petite installation m'a coûté une fortune… Mais ça valait le coup. Alors, garde ton énergie ma petite chose. J'aime bien quand c'est long. Si tu es gentil, tu feras peut-être de vieux os. Pas comme tes petits camarades. Et au fait, ne t’inquiètes pas pour ta petite queue, je ne te la mordrai pas tout de suite, j’en ai encore besoin. Alors, ne te fais pas de mauvais sang…

Elle rit. Un rire d’hyène malade. S'approche de moi et me dit :

- Ma petite chose, tu as de la chance… J'ai pris des cours de secourisme. J'en avais assez que vous creviez rapidement. Ça me laissait sur ma fin… Quand tu seras à deux doigts de la libération… Je te réanimerai. Je te croquerai le gland et regarderai le sang couler dans une coupelle en argent. J’ai l’habitude, je fais ça souvent…

 Elle me dit gentiment :

- Bon… Tu dois avoir faim ? Attends-moi là.
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h45

Elle ressort de la cuisine avec un énorme couteau à la main !!! M'hurle dessus avec une moue d'enfant capricieux :

- Espèce de grosse baleine ! En te détruisant, je vais tuer l'ennemi qui est à l'intérieur de moi !
- Laisse-moi m’en aller, je t’en supplie. Je ne t’ai rien fait. Je ne te connais pas…

Elle approche la lame de mon œil. Me dit :

- Et bien, tu vas apprendre à me connaître.

De la morve coule sur ma bouche, j'implore :

- Pitié, je ferais tout ce que tu veux ! Tu veux de l’argent, c’est ça ? Dis-moi ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Pitié !

Elle ôte la lame de mon œil gauche. La place devant mon œil droit. Non ! Elle me dit doucement :

- Pauvre merde, j’en ai rien foutre de ton fric. J’en ai plein. C’est moi qui domine ! C’est moi la star !
Mercredi 27 Novembre 2005, 8h46

Bon allez, reprends toi. Il ne faut  pas lui montrer que tu paniques. Quitte à en baver, ne donne pas ce plaisir à cette sale pute. Elle balade son couteau sur mes joues, ma gorge, dans mes narines… N’ai pas le courage d’endurer en silence. Je suis une merde :

- PITIE ! NON ! J'AI MAL !

Je m’entends glapir comme un petit chien. Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est –ce qui m’arrive ? Pourquoi ? Qui c’est cette meuf ? Elle me crache dessus. Passe derrière moi. Me saisit par les cheveux. Et place sa lame sur ma gorge. Elle susurre :

- Tu vois ma chose. Je pourrais très bien te finir tout de suite… Mais, mon ennemi à l'intérieur serait trop content. Et j’ai pas envie de faire plaisir à ce fils de pute. Ma meilleure petite chose avait tenu quatre semaines. Elle avait été bien gentille. Alors, fait comme elle si tu veux mourir vieux.

 Elle ris à nouveau. Enlève la lame de ma gorge. Putain, fais quelques chose ! C’est le moment ! J’ordonne à des milliers de Ducons de venir. J’hurle :

- Allez rappliquer mes Ducons ! J’ai besoin de vous ! Venez ! Pitié ! Venez ! Bande de fils de pute. Pitié ! Je vous toucherai plus ! Pitié ! Je vous laisserai partir ! Vous serez tranquilles à jamais ! Mais pitié ! Aidez-moi ! Aidez-moi !

Elle pouffe. Cette connasse se fout de ma gueule. Puis me lance :

- Mais t’es déjà devenue complètement barje ma petite chose. Tu as battu le record de vitesse de pétage de plomb. Même pas une journée que t’es là…  T’es vraiment une fiotte. J’ en ai rarement vu d’aussi faible que toi ! Très bon casting ! D’habitude, vous êtes un plus long à la détente. Mais toi, t’es du genre rapide de la trouille. À peine, on te montre les poings que tu te couches !
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h47

Un craquement horrible. Elle est en train de me déchirer l’oreille ! Je tire de toutes mes forces sur les chaînes. J’ai l’impression qu’une des chaîne commence à lâcher ! Décharge dans tout mon corps. Elle tire sur mon lobe d’oreille droit ! Sa lame contre mon lobe d’oreille. Pas ça ! Pas ça ! Du sang me coule dans le cou ! Mon Dieu… Elle repasse devant moi et me dit en agitant mon lobe d'oreille :

- Elle est courageuse ma petite chose. Regarde ! Ça me fera un joli souvenir de toi.

Mon Dieu ! Mon lobe d’oreille est entre ses doigts. On dirait un petit bout de  saucisse crue qui pendouille. Allez tire sur les chaînes de toutes tes forces ! Allez ! Grouille-toi avant qu’elle te tue cette pute ! Elle me dit :

- Regarde bien ça ma petite chose !

Elle met mon lobe dans la bouche. Suce ses doigts. J'hurle :

- SALE PUTE !! JE VAIS T’EXPLOSER COMME UNE MERDE !


 Elle ferme la bouche. Mâche. Avale. Sa glotte frétille. Mon Dieu… Mon Dieu... Elle ouvre la bouche et dit :

- Y a pu rien ! Tu es à l'intérieur de moi maintenant. Tu m'appartiens grosse baleine ! C’est moi la toute-puissante !
- Pitié… Qu’est ce que je t’ai fait ? Tu connaissais Alice, c’est ça ?!?
- C’est qui ça ? Tu dérailles encore petite chose ? En tous cas, tu as vraiment de la chance ! D’habitude, je ne chasse pas sur mon lieu de travail, c’est une couverture trop confortable. En échange de quelques pipes, le patron n’est pas trop regardant sur mes horaires. Mais, j’ai fait une exception pour toi, t’avais vraiment l’air d’un minable quand tu te caressais sous la table. Et pis, pour être franche, je crois que je n’aurais plus longtemps besoin d’une couverture…

Elle se met à rire à nouveau. J’ai une mission. Ne peux pas mourir ici. J’ai d’autres connards à délivrer. Et toi, qui que tu sois, tu seras la prochaine. Je vais te démonter la tête à la première occasion. Tu verras. Je vais te foutre sur cette chaise. Et te faire subir bien pire que tout ce que tu pourras me faire. Connasse va ! Allez tire sur les chaînes ! Tire sur ces putains de chaînes !
 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h49

Elle se met à chanter :

L'Eternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages.
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires; tu oins d'huile ma tête, et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Éternel jusqu'à la fin de mes jours.

Elle rajoute d'une voix douce :

- Tu vois que je ne suis pas si méchante… Je t'ai chanté le 23ème psaume. Pour soigner tes douleurs.

Elle me gifle. Mon corps commence à brûler de l’intérieur. Mon oreille me brûle. Comme si on avait laissé un cutter dedans.

Mercredi 27 Novembre 2005, 8h51

J’observe la pièce pour y trouver d ‘éventuels indices. Mais y a que dalle dans ce putain d’appart ! Suis coincé comme une merde. Dos à une fenêtre. En face d’un ridicule pouf vert. Et d’une bibliothèque horizontale. Putain ! Y a rien sur les murs. Juste la de la peinture blanche défraîchie ! Mais qu’est ce que c’est que cet appart ? Une salle de torture ou quoi ? Qu’est-ce qui m’a pris de venir chez cette tarée. Putain ! Suis vraiment trop con ! Mon Dieu… J’ai mal !

Et ma petite liste ? Est-ce que mon visage ressemble à celui d’Alice ?

Je dois peut-être mourir comme ça. Pour être lavé de mes pêchés. Ou un truc dans le genre. Je lui gueule :

- Tu peux me faire ce que tu veux. J’en ai rien à foutre conasse !

Elle bondit vers moi. Me fout un coup de pied au visage. Hurle avec une hargne décuplée :

- Tu n'es rien ! Tu ne représentes rien ! Tu n'existes pas ! Je ne te hais pas… Tu n'existes tout simplement pas. Tu n’es pas grosse baleine ! Quand tu seras mort, je serais à nouveau abandonnée, seule avec ma rage et ma haine envers moi-même. Mais là, je suis la plus forte ! Alors, tu vas crever ! Je vais t’ouvrir et te foutre tes tripes dans la bouche. En attendant, je vais te pomper tout ton sang !!! Méthodiquement ! Et il rejoindra le sang de tous les autres connards qui ont croisé mon chemin ! Et je me baignerai dedans ! Je me laverai avec votre misérable sang ! Et vous aurez enfin trouvé votre place bande de raclures !
- Mais qu’est ce que je t’ai fait putain ???
- Ta gueule connard !!! Tu n’existes pas !

Elle va vers la chambre. Je l'entends farfouiller. Mon Dieu, qu’est-ce qu’elle va me faire encore ? Elle veut vraiment me tuer, c’est ça ?

 Mercredi 27 Novembre 2005, 8h53

Elle ressort. Habillée d’une guêpière en cuir et de Dock Martens coquées. Une bouteille de Jack Daniel dans la main droite. Elle en boit une grande lampée. M'en crache à la gueule. Me gueule :

- On a été une vilaine chose ! Oh oui, on a été une très vilaine chose ! Je vais devoir te faire très mal maintenant. Mais tu as de la chance… Grosse baleine m’a appris beaucoup de choses pour faire souffrir…

J’ai des crampes dans le cou. Putain de menottes ! J’arrête de tirer sur les chaînes. Ça ne sert à rien. N’arriverai jamais à les briser. Suis épuisé ! Mon Dieu…

Elle prend son élan. Tout mon corps se tend ! Ma respiration est stoppée net. Cette pute me fout des coups de pieds dans les côtes. Dans le visage. Dans les couilles.

Je n’en peux plus. Ne sens les plus coups. Juste des impacts qui signifient que je vais mourir.

M’éteins petit à petit. Ça ne sert plus à rien de lutter.
Laisse sombrer.

Mourir maintenant.

N’ai même plus la force de gueuler. Il faut que tout s’arrête tout de suite. Plutôt crever que de subir ça une minute de plus. Tant pis pour tous ces connards. Qu’ils aillent se faire foutre ! De toute façon, je me serai jeté par la fenêtre après les avoir butés.

Alors, rien à foutre connasse ! Tu es même en train de me donner un sacré coup de main. Je n’aurai jamais réussi à me suicider tout seul.

Je souris.
Rendez-vous au Paradis sale pute !

Elle hurle :
- Qu’est  ce qui te fait sourire espèce de petite merde !?! T’en a pas assez, c’est ça ?

 La coque en métal de ses chaussures broient mes côtes et mes os. Elle hurle :

- Tu as été vilaine la chose ! Tu vas crever !

Mes yeux sont ouverts mais j’ n’y vois plus clair. J’entends ses pas qui s’éloignent doucement. C’est fini ? Mon Dieu… J’ai mal.

Les bruits de pas se rapprochent rapidement. La coque  en métal d’une de ses Dock Martens heurte ma tempe droite. Tilt.
 Nos deux corps nus sont enlacés. Elle m’embrasse dans le cou. Tendrement. Caresse mes cheveux. Mes yeux sont hypnotisés par ses seins magnifiques. Je pose mes mains sur ses hanches. Elle me sourit.

Tout semble si beau ici.

Un calme trouble. Un danger me guette. Mais où est-il ?

Son rire raisonne.

Elle n’est plus là.

Je me lève d’un bond. Suis dans un cachot !

La lumière s’estompe. Où suis-je ?
  Mercredi 27 Novembre 2005, 10h13

Elle est assise sur le pouf vert devant moi. Clope au bec.

Une rivière de miel et de lait se pose sur mes yeux. De la lave en fusion se ballade dans mes tripes… Je m’étais juste évanoui. Et me voilà nouveau coincé ici ! Menotté à cette putain de chaise !

Mes fringues sont posées sur la bibliothèque horizontale. Cette connasse m’a foutu à poil pendant que je dormais ! Elle me lance avec un ton enjoué :

- Alors ma petite chose, on se réveille ? Maman t’a recousu l’oreille pendant que tu faisais dodo. Tu as dû tomber, tu as des bleus partout. Vilaine petite chose va ! Je vais devoir tu punir si n’es pas plus gentil…

Tout mon corps se tend pour briser les chaînes. Mais tout reste immobile. J’arrive juste à attraper mes pieds avec mes mains. Elle me dit doucement :

- Maintenant, je vais te casser les jambes. Tu as tendance à bouger quand je te punis. Mais si je te punis, c’est parce que tu as été un vilain garçon.
- Qui es-tu ? Dis-moi qui tu es avant de me tuer ! Pitié ! Pitié ! Tu es Dieu c’est ça ?!?
- Je t’ai déjà dit que je n’allais pas te tuer tout de suite.
- Tu es Dieu, c’est ça ???
- Oui, c’est ça… T’es complètement taré toi.
- Dis-moi qui tu es alors ?!? Je t’en supplie. Dis-moi qui tu es avant de me tuer.

Je ne reconnais plus ma voix quand je parle. On dirait celle d’un vieillard. Elle me dit :

- Bon, très bien. Je vais te dire qui je suis.

Elle retourne vers la chambre. Du répit. Quelques secondes de répis. Fais le vide dans ta tête. Réfléchis. Il doit y avoir une solution. Je ne peux quand même mourir ici. Pas maintenant. Pas après tout ce que j’ai subi. Ne peux m’empêcher de mater son cul qui balance. C’est étrange, elle me paraît beaucoup plus vieille que lorsque je l’ai rencontrée à la Cèpe d’Or. Mais elle a vraiment un cul magnifique cette salope. Si je me libère…

 Mercredi 27 Novembre 2005, 10h15

Elle sort de la chambre en marchant sur les genoux. Habillée avec des vêtements de petite fille. Jupe en gabardine. Débardeur. Marcel. Gilet cache-cœur. Barrettes dans les cheveux. Elle parle avec une voix d’enfant angélique :

- Bonjour monsieur. Je m’appelle Lily X. Quand j’étais bébé, j’ai été abandonné par mes parents. Alors, j’ai été adopté par la famille Du Raulier. Et pis, mon nouveau papa, il avait des supermarchés. Tout plein. Alors, il était pas souvent là. Quand il partait, il me laissait avec sa vilaine madame, la grosse baleine. Elle me disait tout le temps qu‘il fallait que je la boucle. Et pis, c’est elle qui me faisait l’école. Et elle me tapait fort quand je ne savais pas. Et même que je devais porter une pancarte avec « petite bâtarde » marquée dessus. Une fois, elle m’a tapé tellement fort sur la tête que je suis tombé dans le coma. Alors, j’ai été à l’hôpital et je devais dire que j’étais tombé dans l’escalier.

Qu’est-ce que c’est que cette tarée ? Mon Dieu… Essaye de l’amadouer… Trouve quelque chose. Elle continue :

- Quand j’étais petite, je voulais devenir policière. Avec un bel uniforme. Comme ça les gens, ils m’auraient bien aimée. Ils auraient eu peur de moi. Et pis, il y avait souvent des vilains monsieurs et des vilaines madames qui venaient voir la grosse baleine. Alors, je devais aller avec eux dans la chambre. Et il fallait rien dire à mon nouveau papa. Sinon, il m’aurait renvoyé avec les enfants abandonnés ! Alors, j’allais dans le lit avec les vilains. De toute façon, ils pouvaient me faire ce qu’ils voulaient. C'était pas grave ! Quand les vilains monsieurs et les vilaines madames partaient, la grosse baleine me donnait de grands coups sur la tête avec l’encyclopédie. Et moi, au plus elle me tapait, au plus je souriais. Rien que pour l’énerver.

Elle s’avance près de moi en suçant son pouce, puis me dit :

- Moi, j’aimais bien quand mon nouveau papa rentrait. La grosse baleine, elle faisait rien quand il était là. Et pis, il ne faisait attention qu’à moi. Je souriais. Je faisais la gentille. Lui racontait n’importe quoi. Et lui, il était gentil avec moi ! J’étais forte pour que les gens m’aiment bien. Sauf, avec la grosse baleine. Et pis, elle était jalouse parce que mon nouveau papa, il l’aimait pas vraiment !

Elle me fait une bise sur la joue. Son parfum m’excite. Elle reprends :

- Des fois, elle m’emmenait au Parc. Mais, je n’avais pas le droit de jouer avec les autres enfants. La grosse baleine, elle disait que je n’étais pas comme eux. Mais je les observais. Et je faisais semblant d’être comme eux après. C’était rigolo. Comme ça, mon nouveau Papa m’adorait. Moi, je ne ressentais rien du tout. Mais, j’aimais bien quand il me regardait en souriant et que ça faisait de la peine à la grosse baleine. Je savais qu’elle allait encore me taper. Mais ça valait la peine. Mais, elle attendait qu’il reparte. Et pour se venger, elle me giflait. Me faisait dormir dans la niche du chien. Me disait que j’étais une bâtarde. Que mon père était un gros enculé qui s’était suicidé quand j’étais née. À cause de moi.

Elle fait une petite moue d’enfance triste. Des larmes commencent à couleur sur ses joues. Elle dit en sanglotant :

- Je mangeais par terre pendant que mon nouveau papa était pas là. La grosse baleine m’étouffait sous les oreillers. Alors pour l’énerver, je faisais pipi au lit exprès. Et je devenais violente… Elle hurlait que j’étais la fille de Satan. Qu’elle aurait aimé me tuer. Alors moi je faisais du mal à son chien et à ses perruches. J’aimais bien les voir souffrir ! Le seul moment où grosse baleine me laissait tranquille, c’est quand elle m’emmenait à l’église. Elle me faisait même de grands sourires pendant la messe. Mais moi, je lui faisais pas de sourires. Et un jour, j’en ai eu assez et pour me venger, j’ai mis le feu à l’Eglise. Et quelques jours après, j’ai attendu que grosse baleine sorte de la maison. Et j’ai tué tous ces animaux.

Elle ris. Un rire d’enfant. Puis reprends excitée :

- Et pis, je les ai ouverts et j’ai sorti tout ce qu’il y avait dedans. J’ai tout mis au milieu du salon. Quand Grosse Baleine est rentrée, elle s’est évanouie. Alors, je lui ai fait comme aux animaux.
Elle reprends avec une voix d’enfant sadique :

- J’avais ses tripes dans mes mains. Je les léchais. Je suis resté une heure à danser autour des animaux et de grosse baleine. Je leur faisais pipi dessus. Je les brûlais avec des allumettes. Et pis, mon nouveau Papa est rentré. Et là, il a hurlé ! Pourtant, c’était un service que je lui avais rendu. Il était vilain en fait mon nouveau papa. Alors, je me suis mis toute nue et j’ai fait des bruits comme quand il y avait des hommes qui venaient à la maison. Rien que pour l’énerver ! Alors, il est allé chercher son fusil. Et, il s’est tiré une balle dans la tête tout seul ! Moi, j’étais très triste… J’aurais voulu le tuer moi-même. Ça aurait été plus rigolo. Alors, pour me venger, je suis allé chercher une hache et je lui ai coupé la tête. Na ! C’était trop bien ! Et pis, quand j’ai tué la grosse baleine, j’ai vu qu’elle a ouvert les yeux. J’ai vu la terreur dans ses yeux. Parce que j’étais la plus forte. Moi, j’aurais voulu être Superman. Personne n’embête Superman.

J’essaye de bredouiller quelque chose. Mais je ne sais pas quoi répondre. J’éprouve un sentiment étrange. J’ai envie de la tuer. Mais je suis bouleversé par ce qu’elle vient de me dire. C’est ça  la compassion ? Elle s’approche de moi. Sort un bandeau de sa poche. Le met autour de mon cou. Serre un peu. L’enlève. Le passe sur mes yeux. Fait un nœud derrière ma tête. Je ne dis plus rien. Ne ressens plus rien. Le visage d’Alice. Mes coups de batte. Ma petite liste. Tout ça, c’est fini maintenant. Désolé pour ceux que je n’ai pas pu aider. J’entends la porte qui claque. Mon cœur accélère. Il va exploser. J’hurle ! De toutes mes forces. Je pleure.
 Infos | Enquête. Une tueuse en série défie la police depuis quatre ans.

La Voix du Nord - mercredi 27 novembre 2005 ***
                            
Trente-six meurtres, non élucidés, ont été commis par une femme, dans la région Nord-Pas-De-Calais, entre 1986 et 2005. Rien ne prouve que la série soit interrompue. La tueuse, trahie par son ADN et ses empreintes digitales, n´a cependant toujours pas été identifiée. La brigade criminelle de Lille se trouve confrontée à l´une des enquêtes les plus longues et les plus épineuses de son histoire.

Le 5 mai 1986, Rodolphe Delcroix, vingt-six ans, sort de chez lui pour se rendre au travail. Le 8 mai 1986, un agent de propreté retrouve son corps dans La Fontaine de La Place Du Général De Gaulle, poignardé, étranglé, vidé de son sang. Une violence aberrante, disproportionnée. Sonia Delcroix, la mère de Rodolphe, déclara à l’époque : « L´enfer. Je revois le bras dressé de mon fils. Les policiers qui m´empêchent d´approcher. Je leur demande d´appeler un médecin. L´un d´eux ricane : ce n´est pas utile. »

Premiers suspects, les SDF du quartier. Mais, le lendemain, Jean-Luc Bois, un voisin, se souvient avoir croisé dans l´ascenseur de l’immeuble, peu avant le crime, une jeune femme qui n´habite pas l´immeuble. D´autres voisins l´ont également aperçue. Type européen, 1,70 mètres, cheveux bruns, yeux bleus. Vêtu d´un jean, d´un blouson, chaussée de tennis. "Elle n´a manifesté aucune émotion à ma présence ", ajoute t il.

L´enquête est confié aux hommes du commissaire Micard de la brigade criminelle. "Ils ont fait preuve de grandes qualités humaines", reconnaît Sonia Delcroix. Pourtant, la procédure judiciaire débute mal : "Le dossier ne vous concerne plus, c´est l´affaire de la justice", lance le juge d´instruction aux parents. "Rodolphe, un simple dossier ? Une simple affaire ? C´était insupportable ", dit-elle.

À la fin du mois de mai 1986, Sonia Delcroix, informe la police qu´une nouvelle technique permet de rechercher l´identité génétique du tueur, à partir des traces qu´il a nécessairement laissées : sperme, sang, cheveux, poils. Son neveu, Nicolas Delcroix, achève en effet des études de biologie. Il a appris que des expertises d´ADN sont déjà pratiquées en Angleterre et en Belgique. Le juge, hostile, ne donne pas suite. Il refuse de communiquer le dossier à Sonia, au motif qu´elle n´a pas pris d´avocat. Dans les années qui suivent, le dossier échoue sur le bureau de deux autres juges d´instruction, qui éludent les demandes de la famille. En 1989, la mère de Rodolphe Delcroix meurt accidentellement. Quatre ans plus tard, le juge d´instruction clos l´enquête.

Coup de théâtre en avril 1996. Une nouvelle magistrate, Isabelle Boiron, rouvre le dossier. Avec un retard de dix ans, des analyses ADN sont effectuées. Elles mettent en rapport le meurtre de Rodolphe Delcroix avec d´autres meurtres. Le même acharnement, des victimes vidées de leur sang, Marc Onmin, dix-huit ans, le 7 avril 1986, dans le Vieux-Lille ; puis Hervé Pillard, vingt-deux ans, le 26 octobre 1987, à Lille Fives ; puis Rémy Buchery, vingt et un ans, à Bruxelles, le 29 avril 1988. Les quatre dossiers sont joints en janvier 1999. Une cinquième juge, Thérèse Billal relance l´instruction. Elle réussit à rétablir une relation de confiance avec la famille des victimes. L´enquête progresse. Le neveu de Sonia Delcroix fait également appel à une profileuse belge, Sandrine Officile, qui agit officieusement et bouscule l´enquête.

De nouvelles comparaisons d´ADN démontrent que la meurtrière de Rodolphe Delcroix est aussi l´auteur d´un double assassinat perpétré dans le Vieux Lille le 29 avril 1987. Ce jour-là, on retrouve dans un appartement au n°7 de la rue de La Monnaie deux cadavres nus, étranglés, ligotés, torturés et vidés de leur sang. Celui d´un Allemand, étudiant Erasmus, Ernest Schmitz, vingt ans, et celui de son colocataire, Rafael Diega, vingt-huit ans, mécanicien de nuit à l´aéroport de Lille Lesquin. Comment ont-ils pu être neutralisés puis déshabillés, alors que les enquêteurs n´ont relevé aucun signe de lutte ni d´effraction ? La meurtrière était-elle seule ? Le corps d´ Ernest Schmitz est mis en scène, crucifié comme dans un rituel satanique.

Combien d´autres crimes pourraient être attribués à la femme traquée ? Maître Jean-Claude Filale, avocat de la famille Delcroix : "Dans la procédure, les policiers ont effectué des recoupements avec une trentaine d´affaires non élucidées dans lesquelles un suspect agit selon le même mode opératoire. Et il y a les autres dossiers dont on ne parle pas."
Que sait-on d'elle aujourd´hui ? On dispose d´un portrait robot assez précis, correspondant au physique de la jeune femme aperçue par Jean-Luc Boic dans l´ascenseur le jour du meurtre. Mais seize ans après, son visage est nécessairement différent. On dispose d´empreintes digitales, mais l´individu n´est pas fiché par la police. Cette tueuse est capable d´infliger d´effroyables barbaries et de tuer par des modes différents : elle étrangle, brûle et poignarde. Un mode opératoire que l´on retrouve dans une vingtaine d´autres affaires criminelles.

Au total, trente-six crimes commis par une tueuse en série méthodique. Mais comment expliquer les étonnants trous dans sa carrière criminelle. Est-elle morte ? En prison ? Internée ? S´est-elle exilée ? Autre hypothèse (peu crédible) : elle aurait spontanément renoncé à ses crimes. A t’elle étoffé sa carrière sanglante en modifiant son mode opératoire ? En prenant les précautions qu´elle négligeait auparavant ? Nous n’en savons rien pour le moment. Le retard pris en France dans l´élaboration d´un fichier génétique des criminels limite encore les recherches. Mais il n´interdit pas les comparaisons. Celle réalisée par le docteur Blaise, expert au CHU de Lille, a permis de joindre aux quatre agressions de jeunes hommes, le double meurtre du Vieux-Lille. A t’on épuisé toutes les possibilités de comparaisons d´ADN en France et en Europe ? Les empreintes digitales de la criminelle ne sont pas répertoriées au fichier du grand banditisme. Mais on peut les comparer à celles des personnes incarcérées pendant les périodes concernées.

Par l´intermédiaire de Mme Setelieu, vice-procureur en charge de sa communication, le parquet nous a confirmé que "l´enquête se poursuit", que le magistrat instructeur "est très motivé, que cette affaire est exemplaire : il y a unicité d´enquête, et la brigade criminelle n´a jamais cessé d´enquêter". Les policiers que nous avons rencontrés semblent confirmer cette impression. Mais force est de constater que la criminelle court toujours. Étrange affaire dont personne ne parle, dont la complexité n´échappe à personne, et qui reste la première victime du conservatisme judiciaire. Perdre dix ans avant d´effectuer des recherches d´ADN et quinze ans avant de les comparer, c´est un obstacle que les enquêteurs auraient préféré ne pas rencontrer.

Dominique Lafrance

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Posté le mardi 28 août 2007, 15:02 / Lu 361 fois   Poster un commentaire Commentaires (0)

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